Articles AHL-AL-ATHAR

Bref exposé relatif au renvoi des paroles ambivalentes à ce qui est détaillé du discours de celui qui les a prononcées

Traduit de l’arabe par votre frère ‘Abder-Rahmân Colo - qu’Allah le préserve

> le 26/Dhu-l-Qi'da/1435 à Montpellier


بسم الله الرحمن الرحيم

Louanges à Allah. Qu'Il couvre d'éloges et salue Son serviteur et messager, notre prophète Muhammad, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses compagnons.

Ceci étant dit :

La question suivante fut posée au cheikh 'Ubeyd Al Jabiri - qu'Allah le préserve - :

Ô cheikh, nous voudrions que vous nous expliquiez de manière développée le sujet lié au fait de renvoyer les paroles ambivalentes au discours détaillé, et que vous nous disiez si c'est une question sujette à divergence ou pas.

Qu'Allah vous bénisse. Il sait certes que je vous aime pour Sa cause.

Sa réponse fut :

«Avant tout, je dirai : Que t'aime Celui pour la cause de qui tu nous as aimé. Chawkani - qu'Allah lui fasse miséricorde - a fait mention du fait que les musulmans sont unanimes quant au fait que le renvoi des paroles ambivalentes à ce qui est détaillé du discours ne concerne que les paroles du prophète , et je pense qu'il vise également l'ensemble des textes. Or, ces jours-ci, on constate que se diffuse un certain élargissement de la portée de ce sujet-là, et qu'ils y ont inclus ce qui n'en fait pas partie, ce qui arrive parfois au point de minimiser de la gravité des innovations et des choses nouvellement inventées [en religion]. C'est ainsi que lorsqu'un individu se présente avec une innovation en religion, il ait dit qu'il faut renvoyer ce qui est ambivalent à ce qui est détaillé! Or, c'est là quelque chose de faux, car l'erreur est une erreur, même si elle provient d'un adepte de la Sunna, car les adeptes de la Sunna et du groupe uni sur la vérité, qui ne sont autres que les salafis, les adeptes du Athar et du Hadith, évaluent ce qui leur est présenté comme paroles et actes d'autrui en s'aidant de deux balances. Ces deux balances qui ne sont autres que les textes formels [du Coran et de la Sunna] et l'unanimité.

À partir de là, ce qui contredit [1] un texte formel ou un sujet objet à unanimité est rejeté et renvoyé à celui qui en serait l'auteur, même s'il devait être un imam parmi les imams auprès des adeptes de la Sunna.

Et afin de développer encore plus ce point, je dirai qu'après inspection exhaustive des propos des imams et ulémas à ce sujet, il apparait que plusieurs cas de figure se dégagent :

Premier cas de figure :

Que l'erreur en question provienne d'un savant sunnite. La position vis-à-vis de lui sera de rejeter son erreur et de ne pas donner suite à ce faux-pas, tout en continuant à lui attribuer son rang et à préserver son honneur. Nous visons par le fait de rejeter son erreur, le fait de le réfuter avec savoir et tact tout en basant cela sur les preuves du Coran et de la Sunna conformément à la compréhension des pieux prédécesseurs.

Deuxième cas de figure :

Que le savant en question ait prononcé plusieurs paroles à propos du même sujet. Dans ce cas-là, on considère celle qui est le plus en conformité avec les preuves, et c'est ainsi qu'elle est considérée comme celle qui prévaut, alors que le restant des paroles est délaissé.

Troisième cas de figure :

Que le savant en question ait prononcé deux ou trois paroles à ce sujet, certaines étant authentiquement rapportées de lui et d'autres non. Ce qui est rapporté de lui de manière authentique est accepté, alors que le reste est rejeté. Et ce genre de cas est nombreux. En effet, il est prouvé qu'il se peut que les compagnons de certains imams se trompent dans la transmission de certaines de leurs paroles.

Quatrième cas de figure :

Que le savant évoque un sujet donné de manière résumée à une occasion, et de manière plus développée au cours d'une autre occasion. À ce moment-là, on renvoie le premier discours au second, et on dit qu'il l'a résumé à tel moment, et qu'il l'a développé à tel autre. Et j'ai pu trouver cela de la part du cheikh de l'Islam Ibn Taymiyya - qu'Allah lui fasse miséricorde - à de nombreuses reprises. Il dit, à titre d'exemple : Et nous avons été amenés à développer ce point au cours d'une autre occasion…

De même, nous avons pu lire ce genre de propos de la part d'un grand nombre de gens de science.

Voici ce qui m'est venu à l'esprit concernant ce sujet.

À partir de cet exposé, apparait que le renvoi des paroles ambivalentes au discours détaillé ne s'opère que dans les textes du Livre et de la Sunna. Quant au fait de considérer cela de manière absolue concernant les paroles tenues par les hommes, c'est là une erreur.»



[1] : Le cheikh - qu'Allah le préserve - a utilisé le verbe (wâfaqa/وافق) signifiant : être en accord. Or, il apparait qu'il visait plutôt le verbe (khâlafa/خالف) qui, quant à lui, signifie : contredire, s'opposer à. Et Allah est plus Savant. [NDT]


Bref exposé relatif au renvoi des paroles ambivalentes à ce qui est détaillé du discours de celui qui les a prononcées
Traduit de l’arabe par votre frère ‘Abder-Rahmân Colo - qu’Allah le préserve.
Source : http://ar.miraath.net/fatwah/3405

Imprimer E-mail