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Pour notre part, voilà, ô cheikh, comment nous avons connu les tabligh

Pour notre part, voilà, ô cheikh, comment nous avons connu les tabligh [1]

Écrit par ‘Abder-Rahmân Colo - qu’Allah le préserve

> Lettre fraternelle à l'attention du cheikh […]


Les louanges reviennent à Allah. Qu'Allah couvre d'éloges et salue celui après qui il n'y aura plus de prophète.

J'ai écouté la réplique audio qu'un prédicateur francophone adressa à un personnage déviant, dans laquelle il aborda plusieurs sujets avant qu'un auditeur ne lui dise qu'il habite dans la ville dudit égaré et que, le vendredi, il n'a le choix que d'assister à son sermon ou au sermon d'un tablighi; il le questionna donc à propos du moindre mal à ce sujet. Le prédicateur répondit alors que le moindre mal est d'assister au sermon du tablighi, en argumentant par le fait que le tablighi est égaré, mais que l'individu objet de la réplique est plus égaré encore, et en affirmant également les choses suivantes :

- «Quand tu vas chez les tabligh, à la rigueur tu apprends le bon comportement

- «Quand tu vas chez les tabligh, tu sors au moins avec le fait qu’il faut respecter les savants…».

J'ai donc rédigé une lettre à son attention en l'intitulant : «Lettre fraternelle à l'attention du cheikh […]», que j'ai débuté en disant :

«Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Les louanges reviennent à Allah Seul. Qu'Il couvre d'éloges et salue celui après qui il n'y aura plus de prophète, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses compagnons.

À l'attention du noble cheikh […] - qu'Allah lui accorde la réussite -, Que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions, J'espère que vous vous portez bien - vous ainsi que l'ensemble de votre famille -. J'ai écouté une réponse que vous avez adressée aux oppositions d'un des partisans du faux, le dénommé […], et je fus, dans un premier temps, réjoui qu'une personne de votre rang se charge de démonter les ambiguïtés de ce personnage déviant. Cependant, j'ai entendu de vous des choses que je considère obligatoire de vous signaler, par loyauté vis-à-vis de vous - prenez donc cela tel un conseil qu'un fils adresserait à son père -, et, avant cela, par loyauté vis-à-vis d'Allah, de Son Livre, de Son messager, des imams et du commun des musulmans, plus particulièrement ceux qui écoutent vos cours.»

Puis je lui fis part de deux remarques : une première relative au domaine de la traduction, et une seconde relative aux propos qu'il a tenus concernant le groupe des tabligh. Après avoir récapitulé la question qui lui fut posée et la réponse qu'il apporta, je lui ai dit :

«Ô cheikh, nous n'avons pas été habitués par les hommes de science à utiliser cette manière de parler des groupes déviant de la voie salafie! Quel bon comportement et quel respect des ulémas peut-on trouver chez ces gens-là?!

Quel bon comportement peuvent donc avoir des gens qui se comportent mal vis-à-vis d'Allah en s'empêtrant dans l'ignorance, le polythéisme, les innovations en religion et les histoires saugrenues?!

Quant au fait qu'ils laissent apparaitre certaines bonnes manières dans les relations qu'ils entretiennent avec les gens, ce ne sont là que des simulacres afin de les attirer vers eux; sinon, la réalité du quotidien atteste de leur mauvais comportement, plus particulièrement à l'encontre de ceux qui les contredisent et les critiquent. Quant aux ulémas, ils ne respectent, en réalité, que leurs ulémas – si, toutefois, il est correct d'attribuer ce qualificatif à leurs leaders -; en laissant apparaître un certain respect à l'égard de certains individus n'étant pas affiliés à leur groupe, si ces derniers ont, à un moment donné, tenu des propos élogieux à leur égard. Par contre, ils font partie des ennemis les plus acharnés des ulémas de la Sunna.

Ne savez-vous pas que leurs leaders ont, depuis longtemps, montré ouvertement leur aversion à l'encontre du cheikh de l'Islam Ibn Taymiyya et de son élève Ibn Al Qayyim, ainsi que du cheikh Muhammad Ibn 'Abd Al Wahhab?! Ne savez-vous pas, ou avez-vous occulté le fait que certains d'entre eux aient brûlé - ou du moins aient espéré le faire - des ouvrages que ces imams ont rédigés afin d'exposer le monothéisme et de mettre en garde contre le polythéisme?! Retournez, à ce propos, à " Al qawl al baligh fi-tahdhir min jama'at i-tabligh " du cheikh Humud Tuweyjri, vous y trouverez de nombreux exemples appuyant cela, parmi lesquels :

- Page 44 : L'aversion éprouvée par les tabligh à l'encontre du cheikh de l'Islam Ibn Taymiyya, d'Ibn Al Qayyim et de Muhammad Ibn 'Abd Al Wahhab, ainsi que le fait qu'ils espèrent brûler leurs livres.

- Page 45 : Le fait que l'ouvrage Al jami' al farid ait été brulé par un des leaders des tabligh.

- Page 52 : La rancœur éprouvée par les tabligh vis-à-vis des cheikhs de l'Islam Ibn Taymiyya et Muhammad Ibn 'Abd Al Wahhab.

- Page 75 : Les propos diffamatoires et injurieux tenus par Husayn Ahmad à l'encontre du cheikh Muhammad Ibn 'Abd Al Wahhab et des monothéistes cheminant sur sa voie, ainsi que les mensonges fomentés à leur encontre et les répliques qu'il leur adressa.

- Page 106 : Les insultes adressées par Anwar Chah Al Kachmiri à l'encontre du cheikh Muhammad Ibn 'Abd Al Wahhab, ainsi que leur réfutation.

Et même si nous admettions qu'ils jouissent de certaines bonnes manières avec les gens et qu'ils respectent les ulémas - bien qu'ils soient très loin de cela! -, il convient de souligner qu'il ne fait pas partie de la méthodologie des adeptes de la Sunna de mentionner les bons aspects des partisans de l'innovation! D'ailleurs, je ne prétends pas vous apprendre cela, car j'ai la certitude que vous l'avez appris des années avant moi; je ne vous mentionnerai donc qu'une seule parole, s'inscrivant dans une série de nombreuses paroles éblouissantes rapportées de nos pieux prédécesseurs et des ulémas de la communauté, cette parole reflétant, de manière brève, la méthodologie des adeptes de la Sunna dans ce domaine :

L'érudit Ibn Rajab - qu'Allah lui fasse miséricorde - a dit dans Charh 'ilal i-Tirmidhi :

Ibn Abi Duniya a dit : Abu Salih Al Marwazi nous a informés qu'il a entendu Rafi' Ibn Achras dire : «Jadis, il était dit qu'il fait partie des punitions infligées au menteur que ses instants de véracité ne soient pas pris en considération; quant à moi, je dis qu'il fait partie des punitions infligées au pervers innovant en religion que ses bons aspects ne soient pas pris en compte.» [1]

Je vous oriente, afin de réviser ce point, vers les livres des pieux prédécesseurs et les ouvrages des ulémas de notre époque qui ont répliqué aux défenseurs de la méthodologie de la compensation [3] ; à titre d'exemple : le livre intitulé : " Manhaj ahl i-sunnati wa-l-jama'a fi naqd i-rijal wa-l-kutub wa-tawa°if " du cheikh Rabi' Ibn Hadi - qu'Allah le préserve -.

Ô cheikh, cette manière de se prononcer minimise énormément de la gravité de l'innovation religieuse et de ses partisans, et affaiblit, dans les cœurs de la masse, l'aversion devant être éprouvée à l'encontre des partisans de l'innovation, en plus de représenter un bâton que vous avez tendu aux ennemis de cette voie afin qu'il viennent la frapper ainsi que ceux qui y cheminent, d'ailleurs […] a débuté avec vous!

Si seulement vous vous étiez contentés de dire que le moindre mal est d'assister au sermon du tablighi, tout en insistant sur sa dangerosité; et si vous deviez vraiment établir une comparaison, d'ajouter - à titre d'exemple - : le danger du tablighi est apparent, quant à celui de […], il est possible qu'il échappe à certaines personnes du fait qu'il se fait passer pour un salafi, et c'est ainsi qu'il constitue un danger plus grand… […] Je demande à Allah de m'accorder, ainsi qu'à vous, la réussite et la justesse.

Et Allah est plus Savant. Qu'Il couvre d'éloges et salue notre prophète Muhammad, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses compagnons; notre dernière parole étant que les louanges reviennent à Allah, le Seigneur Souverain des mondes.» Fin de citation.

Enfin, avant de clôturer ce bref article, je voudrai souligner plusieurs points :

- J'ai consulté une dizaine d'étudiants qui ont écouté les propos objets de cet article, et ils s'accordèrent sur le fait de les blâmer et d'être surpris qu'ils émanent du prédicateur en question.

- J'ai fait lire la lettre, que j'ai adressée à ce dernier, à plusieurs étudiants, qui ont tous soutenu la démarche et le contenu; elle a également été présentée au cheikh 'Arafat Ibn Hasan qui l'a qualifiée de bon conseil.

- Je lui ai envoyé cette lettre le 4/Cha'ban/1436 (21/Mai/2015) et l'en ai informé, par SMS, afin de m'assurer qu'il l'avait bien lue, chose qu'il m'a confirmée le 09/Cha'ban/1436 (27/Mai/2015) en me disant, après avoir répondu à mes salutations : «Oui, je l'ai bien lue, et je te ferai part de mes remarques lorsque cela me sera facilité. Qu'Allah te récompense en bien», je lui ai alors dit : «Qu'Allah vous facilite».

- Nous sommes, à présent, le 14 du mois de Chawwal, plus de deux mois se sont donc écoulés, et je ne vois toujours pas de trace de la moindre rectification publique de sa part.

Le but de ma démarche était que le principal intéressé clarifie lui-même ce point afin de ne pas laisser ses auditeurs dans l'erreur, et afin de ne pas créer de polémiques; je n'attendais d'ailleurs en aucun cas que mon nom ne soit mentionné. Cependant, je suis forcé de constater, qu'à défaut de l'accuser de s'entêter dans le faux, le moins que l'on puisse dire est que le personnage met du temps à revenir à la vérité, or, l'intérêt de la religion ainsi que l'intérêt général prévalent sur l'intérêt particulier; c'est pour cela, qu'à présent, je prends la décision de diffuser ces quelques lignes que je clôturerai en soulevant un sujet important :

Allah a dit : {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُونُوا قَوَّامِينَ بِالْقِسْطِ شُهَدَاءَ لِلَّهِ وَلَوْ عَلَى أَنْفُسِكُمْ أَوِ الْوَالِدَيْنِ وَالْأَقْرَبِينَ}

"Ô vous qui avez la foi, faites établir l'équité et soyez des témoins pour la cause d'Allah, même si cela doit être au détriment de vos personnes, de vos parents ou vos proches" [Traduction approximative du sens du verset n°135 de la sourate Nisa.]

Se basant sur cela, notre modèle, le messager d'Allah ﷺ ainsi que ses compagnons, faisaient prévaloir le triomphe de la vérité sur toute chose. Le messager d'Allah ﷺ est celui qui a dit : «Par Allah, si Fatima, la fille de Muhammad, venait à voler, je lui couperais la main!» [4], les compagnons sont également connus pour leur soumission à la vérité lorsqu'elle leur apparaissait ou leur était présentée, de même que ceux qui leur emboitèrent le pas parmi leurs disciples et les disciples de ces derniers, et ce, jusqu'à nos jours. Les positions de certains grands ulémas contemporains face à certaines de leurs erreurs qui leur avaient été signalées sont d'ailleurs connues. À titre d'exemple, lorsque le cheikh Humud Tuweyjri réfuta des propos erronés tenus par le cheikh Ibn 'Utheymin, sa démarche fut soutenue par le cheikh Ibn Baz, et par le cheikh Ibn 'Utheymin en personne! J'ai pu aussi constater cela de certains cheikhs de mérite tels que les cheikhs 'Ubeyd Al Jabiri, Muhammad Ibn Hadi et 'Abdellah Al Bukhari - qu'Allah les préserve - qui n'hésitent pas à s'empresser de rectifier sans détour certains de leurs propos face à un auditoire majoritairement composé d'élèves ayant l'âge de leurs enfants ou petits-enfants!

Parfois même, ces rectifications interviennent suite à des remarques faites par des partisans du faux, voire même des non-musulmans, qui ne visent, en réalité, que le dénigrement; cela n'empêche en aucun cas ceux qui sont fidèles à la vérité de revenir sur leurs erreurs, n'en sortant que grandis!

Combien aurait-il été réjouissant que notre grand frère - qu'Allah lui accorde la réussite - suive ces modèles-là, afin de concrétiser l'ordre divin de faire triompher la vérité d'une part et, d'autre part, d'éduquer ses auditeurs dans ce sens.

Voilà donc ce que je voulais aborder dans cet article. Quant au point lié à la traduction auquel j'ai fait précédemment allusion, je l'aborderai dans un article à venir, si Allah le veut.

Qu'Allah nous montre la vérité sous sa vraie forme et nous permette d'y être fidèles, et qu'Il nous montre le faux sous sa vraie forme et nous permette de nous en écarter.

Et Allah est plus Savant. Qu'Il couvre d'éloges et salue notre prophète Muhammad, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses compagnons, et les louanges reviennent à Allah, le Seigneur Souverain des mondes.

Rédigé par 'AbdeRahman Colo, le 14/Chawwal/1436 (30/Juillet/2015) à Montpellier



[1] Ceci est une version corrigée de l'article diffusé le 19 du mois de Chawwal (4 août), j'y ai corrigé quelques erreurs qui s'étaient glissées dans certaines dates et apporté une précision liée à l'annotation en bas de la deuxième page, ainsi que les références du hadith cité en dernière page en corrigeant la formulation initiale de ce dernier.

[2] Cité via le livre Manhaj ahl i-sunnati wa-l-jama'a fi naqd i-rijal wa-l-kutub wa-tawa°if (p.153), écrit par le cheikh Rabi' Ibn Hadi Al Madkhali - qu'Allah le préserve -.

[3] C'est le procédé de la muwazana qui fut inventé par les innovateurs afin d'amoindrir la gravité du cas de leurs semblables. Il consiste à citer les bonnes actions du transgresseur à la Sunna lorsqu'une réplique lui est adressée, en prétendant que c'est là la justice et l'équité.

[4] Recueilli par Al Bukhari et Muslim dans leurs recueils authentiques respectifs, d'après un hadith de 'Aïcha - qu'Allah l'agrée -.


Pour notre part, voilà, ô cheikh, comment nous avons connu les tabligh
Écrit par ‘Abder-Rahmân Colo - qu’Allah le préserve.
Lettre fraternelle à l'attention du cheikh […]


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